Conseils Reiki et méditation
Le reiki et les transformations silencieuses
Le Reiki guérit par des transformations qui peuvent paraître spectaculaires. Quelqu’un a mal, reçoit un soin Reiki, va mieux. Pourtant, tout en étant toujours heureux de ces « miracles », je pense que le soin Reiki, comme toute pratique holistique, travaille sur des transformations silencieuses, c’est à dire lentes et invisibles au praticien pressé.
J’emprunte cette expression d’un ouvrage du philosophe et sinologue François Jullien « Les transformations silencieuses » (Grasset, 2009). Dans sa réflexion, François Jullien analyse notre regard occidental du temps, de l’évènement, du surgissement, qui nous rend invisible toutes les transformations qui ne se voient pas (le vieillissement, la neige qui fond) sauf par instant, comme quand on regarde une photo prise il y a 20 ans et qu’on se rend compte brutalement de nos changements. Il confronte ce regard sur le monde et sur nous à celui des chinois, qui pensent en termes de continuité. Le déclin est déjà inscrit dans la croissance, la neige qui tombe fraîche et légère a en elle déjà tous ses états de transformation à venir. Cette pensée est « impensable » pour nous autres occidentaux qui nous mettons toujours en scène dans toute action, et sommes toujours acteurs des évènements du monde. Ainsi le vieillissement n’existe pas en soi, c’est moi qui vieillit. Du coup la transition est difficile à percevoir et nous sommes toujours en attente de l’évènement. Impensable... encore que - je ne résiste pas au plaisir de citer un écrivain "bien de chez nous!", français et gascon, Michel de Montaigne, grand admirateur de Sénèque :" Je ne peints pas l'être, je peints le passage."
Dans le Reiki, pour revenir à mes moutons, je comprends bien cette réflexion. L’âme ou le corps ne guérissent que quand ils sont « prêts » à le faire. Le soin Reiki n’a rien à voir avec une intervention chirurgicale. Je n’enlève rien, tout juste si j’apporte quelque chose. Oui, mais quoi : une substance ? Certainement pas. Une énergie, probablement, mais c’est quoi, une énergie ? Peut-être un mouvement, sous une forme vibratoire, qui va résonner chez le patient et éveiller ce que la souffrance contient déjà en elle, c’est à dire l’apaisement, que l’on peut appeler guérison si on veut.
Aussi, pour reprendre une formule provocante de François Roustang : « je ne guérit que des personne en bonne santé » ! Je veux dire des personnes qui ont en eux cet état de « bonne santé » qu’ils appellent de leurs voeux. Cela n’amoindrit pas mon rôle de praticien, mais redonne toute sa place à la personne dans son histoire, passée et à construire, son mouvement inscrit aussi dans celui du monde.

