Conseils pratiques Méditation

Méditation - la Présence au Monde

Méditation – la Présence au Monde

par Jean Pierre Chupin

« La mer est froide, trouble, elle mugit et ses hautes lames blanches se brisent sur le sable et semblent vouloir dire : « Seigneur ! Pourquoi nous as-tu créées ? » […] Alentour, nulle âme qui vive, pas un oiseau, pas une mouche, et je ne comprends plus pour qui les vagues mugissent, qui les écoute dans la nuit, ce qu’elles veulent, et enfin pour qui elles mugiront quand je serais parti. Ce qui s’empare de moi sur ce rivage, ce ne sont pas des idées mais bien une méditation. Je suis saisi d’angoisse, mais en même temps, je voudrais demeurer ici sans fin, à contempler le mouvement monotone des vagues et écouter leur bruit menaçant. » (Anton Tchekhov – L’Île de Sakhaline, traduction Lily Denis).

Tchekhov réussit dans ce passage à exprimer à la fois l’angoisse et la fascination du monde qui nous entoure. Ce ne sont pas des émotions profondes qui, habituellement sont considérées comme agréables, « positives ». Pourtant, souvent, il est difficile de les qualifier de négatives ou de regrettables. Elles disent que regarder le monde, avec un cœur « écorché », comme le disait Chögyam Trungpa, provoque une infinie tristesse mais que cette tristesse est le ferment du plus grand amour et de la force du contemplateur, du méditant présent au monde, seul mais en contact avec les autres.

Un autre écrivain, Haruki Murakami, a écrit ceci : « Ce n’est pas seulement l’harmonie qui relie le cœur des hommes. Ce qui les lie plus profondément, c’est ce qui se transmet d’une blessure à l’autre. D’une souffrance à une autre. Ces épreuves sont la base d’une harmonie véritable. »