Conseils pratiques

Reiki, Art de la Pratique - Recevoir un Soin Reiki

Reiki, Art de la Pratique – l’Empathie

par Jean Pierre Chupin

Reiki, Art de la Pratique – l’Empathie. Dans ce chapitre consacré à la posture du praticien dans le soin Reiki, j’ai abordé la question de la présence, en définissant d’abord cette notion et en la complétant par l’attitude d’écoute. Dans un soin Reiki, qui vise à accompagner une personne en souffrance, l’écoute se doit d’être associée à un sentiment d’empathie.

L’empathie est la faculté de se mettre à la place de l’autre, d’éprouver les sentiments qu’il éprouve. C’est une disposition partagée par tous les êtres humains, et certainement répandue largement au sein de nombreuses espèces animales. En neurologie, on évoque aujourd’hui les « neurones miroirs », qui permettent à l’Homme de ressentir ce que l’autre éprouve. Comme pour la faculté d’écoute, dès qu’on entre dans une relation d’aide, la notion d’empathie doit s’insérer dans un cadre professionnel pour ne pas donner lieu à toutes les dérives.

Carl Rogers (psychothérapeute américain, qui a eu une influence importante dans les thérapies dites humanistes) précise que « la capacité empathique implique donc que, par exemple, on éprouve la peine ou le plaisir d’autrui comme il l’éprouve, et qu’on en perçoive la cause comme il la perçoit (c’est à dire comme il se les explique), sans jamais oublier qu’il s’agit des expériences et des perceptions de l’autre. Si cette dernière condition est absente, ou cesse de jouer, il ne s’agit plus d’empathie mais d’identification. » L’empathie, dans un cadre thérapeutique, suppose donc la mise en œuvre de certaines capacités, en même temps que la prise de certains risques.

L’empathie, en permettant de comprendre l’autre, va favoriser son acceptation, ce que les psychothérapeutes qualifient « d’acceptation inconditionnelle ». Quand le praticien donne du Reiki, il doit être authentique dans son intention d’aider la personne. Accepter quelqu’un ne va pas nécessairement de soi. Sur 10 ou 100 personnes à qui on apporte une harmonisation Reiki, il va y en avoir un certain nombre que l’on ne va pas trouver sympathique, avec qui on va s’ennuyer, que l’on n’aura pas envie d’approcher, et cela pour mille raisons tout à fait légitimes. Si cette répugnance à travailler avec l’autre est insurmontable, mieux vaut alors se débrouiller pour ne pas commencer la séance, ou l’interrompre aussitôt. Mais ce n’est évidemment pas l’objectif. Il est de loin préférable de conduire un travail personnel qui nous permet d’accepter l’autre, inconditionnellement. Cela ne signifie pas qu’on doive être d’accord avec la personne, ou que son attitude ne puisse nous choquer (si la personne choque nos valeurs, a des comportements destructeurs ou auto-destructeurs). Mais si on décide de l’accompagner, il faut être en mesure de dépasser notre propre système de représentation pour comprendre (ce qui ne veut pas dire adopter) le système de l’autre.

Il ne faut pas s’y tromper, les situations difficiles se retrouvent plus fréquemment qu’on le croie. C’est pourquoi l’acceptation de l’autre s’accompagne de l’impératif de non jugement. Je n’ai pas à juger la personne qui fait appel à moi. Sinon, d’une part, cela va se répercuter dans le transmission du Reiki, et la personne risque, à juste titre, de refuser inconsciemment un soin s’il est assorti d’un jugement sur lui et sur sa souffrance ; d’autre part, rien ne serait plus hypocrite que de faire un soin Reiki avec toute les apparences d’un partage authentique et de le terminer par un sermon de dix minutes sur la « bonne » attitude à adopter.

Témoignage de Maurice, médecin et praticien Reiki

« ma relation au malade, ce n’est pas que de la médecine. Depuis que je médite, j’ai une relation plus humaine avec eux. Des fois, on en a qui ne sont pas toujours sympathiques, propres, qu’on n’a pas envie de voir, enfin. La méditation m’a permis de les regarder avec plus de compassion. J’allais dire comme des frères… le mot est un peu galvaudé… Mais c’est bien ça. L’important, c’est d’être bienveillant avec eux. »

Dans le prochain billet, toujours consacré à l’empathie, j’aborderai les risques de l’empathie, sujet qui alimente nombre de questions de la part de nouveaux praticiens du Reiki. Vos témoignages, observations et commentaires sont, comme toujours, les bienvenus. Bonne semaine à tous et merci pour votre fidélité et vos encouragements.