Conseils pratiques

Reiki, Art de la Pratique - la pleine attention (1)

Reiki, Art de la Pratique – la Pleine Attention (1)

par Jean Pierre Chupin

Reiki, Art de la Pratique – la Pleine Attention (1)

La pleine attention est une condition essentielle de la présence. Paradoxalement, il faut distinguer la « concentration » de la « pleine attention ». La concentration est une attitude tendue vers la perception ou la compréhension d’un phénomène. On a besoin de se concentrer quand on apprend ou qu’on exécute une tache complexe, non automatique. D’une certaine façon, la concentration est destinée à nous couper de tout le reste : tous nos sens et notre mental sont pointés vers une seule action. La pleine attention est bien différente. Plutôt que d’être focalisée sur un point, notre attention est au contraire élargie au maximum, pour percevoir clairement le plus de chose possible. Comme dans un sport collectif, celui qui distribue le jeu doit tout voir : la position de ses équipiers, celle de ses adversaires, les espaces et les opportunités. Ce n’est plus un regard focalisé mais un regard périphérique. C’est pourquoi, dans ce chapitre sur la présence, je propose de faire un développement sur la pleine attention. Dans le livre le titre de cet exposé s’intitule « Reiki, art de la pratique – la pleine attention (1)

Dans un soin Reiki, une pleine attention permet de se mettre au plus près de son patient, à son écoute pleine et entière. Comme nous ne savons pas, dans un soin Reiki, ce qui va émerger, toute concentration est inutile (en tout cas à ce stade), alors qu’une attitude ouverte est indispensable. Le praticien sera alors à même de ressentir tout mouvement énergétique chez la personne. La pleine attention participe donc de la relation de soin, je devrais dire de la relation empathique entre deux êtres. Le soin viendra après, même s’il est déjà commencé. De mon point de vue, pour qu’une relation thérapeutique se mette en place, il est nécessaire de créer les conditions d’une relation de confiance, d’écoute, d’empathie. C’est à cela que participe la pleine attention.

Concrètement, la pleine attention requière un état de calme mental, ou de vide, pour reprendre une expression un peu dépassée aujourd’hui (on sait en effet que le cerveau reste toujours en activité). Cela consiste d’abord à éliminer les pensées non volontaires, dites aussi intrusives, qui nous assaillent en permanence. Le problème de ces pensées, en effet, est de nous couper du moment présent. Une pensée intrusive agit comme un petit caillou qui glisse le long d’une pente neigeuse, et qui va agglomérer la neige autour de lui, former une boule et jusqu’à une avalanche. La pensée intrusive, souvenir ou projection dans l’avenir, va agglomérer de la même manière des émotions, qui vont prendre corps et se développer dans des scénarios de plus en plus étoffés, jusqu’à nous absorber tout entier et nous bouleverser. Ce phénomène est très bien décrit par tous les courants qui proposent un travail basé sur la méditation. La technique de l’auto-traitement en Reiki, avec l’activation des symboles, est une forme de méditation, qui se complète tout à fait bien avec d’autres techniques. L’essentiel est que la pratique soit régulière pour habituer le praticien à entrer rapidement et demeurer le plus longtemps possible dans un état mental de calme.

Témoignage

Je commence souvent par une ou deux minutes de calme, assis tranquillement, et je suis attentif à ma respiration. J’imagine à l’intérieur de mon corps comme un ascenseur qui descend en même temps que j’expire. Je suis dans cet ascenseur. Puis il remonte, étage par étage, à travers ma colonne vertébrale, tandis que j’inspire. Rapidement je sens les battements de mon cœur dans ma poitrine. A un moment, je reste placé dans le cœur, dans son mouvement jusqu’à une sorte d’élargissement de ma poitrine. J’active un symbole qui représente pour moi la compassion et je me laisse emplir de ce sentiment. Je reste dans le calme. Je vais dans mon estomac, j’active un autre symbole Reiki. Je fais de même à d’autres endroits de mon corps. Je finis par les mains. J’active à nouveau tous les symboles Reiki dans mes mains entr’ouvertes et je termine par quelques minutes de calme. Je suis dans mon énergie. Dans la journée, il me suffira de quelques instants pour y revenir et donner un soin.

Il n’est pas rare que des élèves me disent “je n’arrive plus à pratiquer.” Ils ne sont pas les seuls! C’est souvent que je n’ai envie de faire du Reiki ni de méditer, rien du tout. Cela peut durer des jours. J’essaie de me forcer, mais ça ne vient pas.

Qui n’est pas passé par des phases de creux, où tout à coup on retombe dans des difficultés que l’on pensait loin derrière soi ?

J’ai lu une interview du Dalaï Lama qui disait que chaque matin (au milieu de la nuit, plutôt !) il se réveillait pour méditer et que la première chose qu’il avait envie de faire, c’était de se rendormir !

Dans des moments de démotivation forte, je préconise de se forcer un peu, quitte à réduire la durée de sa pratique et accepter de ne pas arriver à un état extraordinaire. Une bonne chose est de reprendre la pratique avec quelqu’un dans le cadre d’un traitement. Il est plus facile de se motiver quand on prend la responsabilité d’un soin. Les sensations reviennent toujours, le plaisir renait dans les dernières secondes, quand on a eu l’impression que ça n’a pas été utile, qu’on était trop dispersé. C’est alors une belle récompense, une victoire sur soi-même, une manière de se rassurer. On n’a pas fait demi-tour sur le chemin accompli. C’était juste une côte un peu raide qui n’était pas sur la carte.

Le prochain billet, 2ème partie de la pleine attention, suggérera quelques conseils pour travailler cet état. Merci de votre fidélité et, comme toujours, vos observations et commentaires sont les bienvenus et permettront d’enrichir cette réflexion.