Conseils pratiques

Reiki, Art de la Pratique - les Ressentis dans un Soin Reiki

Reiki, Art de la Pratique – l’Ecoute de l’Autre

par Jean Pierre Chupin

Reiki, Art de la Pratique – l’Ecoute de l’Autre. L’écoute de l’autre est une notion totalement intégrée au discours de l’accompagnement des personnes. Cette exigence, qui semble naturelle, relève cependant dans la pratique d’un savoir faire qui ne va pas nécessairement de soi. L’écoute, dans son étymologie, vient du latin « auscultare », qui signifie « écouter avec attention ». On pense naturellement au geste diagnostic du médecin qui « ausculte » son patient. Ecouter, c’est donc être attentif à ce que « dit » la personne. Cela concrètement va permettre au praticien de comprendre le problème tel qu’il se pose à la personne, et ensuite de l’aider à aller mieux.

Avec le Reiki, l’écoute ne se fait pas avec ses oreilles mais avec ses mains. Il est bien sûr utile au début d’une séance, de permettre à la personne d’évoquer et de décrire son problème et aussi sa demande, mais l’essentiel de l’écoute, qui va favoriser le travail d’harmonisation avec le Reiki, se réalise à travers le ressenti du praticien.

Témoignage de Maurice, médecin et praticien Reiki

« j’ai un rapport un peu particulier avec mes malades. Je capte des choses différemment. Je ressens intuitivement, avant que les gens parlent. Je suis dans un état de quasi-méditation. Je passe ma main au dessus de leur corps, à distance. Quand je sens quelque chose, j’interroge le malade. C’est dur de parler d’écoute pour moi, parce que ça ne passe pas par la parole. Ce n’est pas de la psychologie. Parfois il ne faut pas énormément de temps. Deux-trois minutes peuvent suffire. J’ai le cas d’une personne qui ne vient me voir que quand elle va mal dans sa tête. Elle s’assied. Pas besoin de parler. On a une manière de travailler non mentalisée qui permet de la libérer. »

Les types d’écoute

Les obstacles à une écoute dans un but d’aide sont essentiellement de deux ordres : le danger de la subjectivité du praticien qui va donner des significations personnelles à ce qu’il ressent (puisque que « moi », je ressens cela, c’est que « l’autre » doit le ressentir également de la même manière) ; et, autre écueil, la tendance à toujours vouloir donner du sens intellectuellement, doublée souvent de la déformation professionnelle (s’il ressent cela à tel endroit, cela veut dire qu’il a tel problème).

On va parler, dans cette première phase de contact avec la personne, d’une attitude centrée sur la personne, et d’une « attention flottante », pour reprendre une expression utilisée en psychothérapie. L’attention, ou l’écoute flottante, voulant dire que le praticien est suffisamment relâché pour collecter toutes les informations qui lui arrivent, sans les juger, sans les trier dans un premier temps. Il n’y a pas de travail mental, il suffit d’accepter de suivre le courant de l’énergie. Jacques Vigne (médecin psychiatre et méditant) distingue deux types de fonctionnement : le fonctionnement mental « conique » qui est un effort de concentration sur ce que l’on observe, de façon à « comprendre » ce qui se passe, et le fonctionnement « sphérique » réparti de manière égale dans toutes les directions – je ressens, je suis conscient des mouvements de l’énergie, de leur succession, de ce que mes mains vivent, de ce que mes émotions expriment. Je suis comme un petit bateau porté par la houle. Il n’y a rien à comprendre, juste à se laisser porter.

Le praticien (qui est dans un état de présence) place ses mains au niveau du cœur de la personne ou derrière sa tête, sous l’occiput, et laisse faire, laisse venir les ressentis dans ses mains. Cette phase peut durer un certain temps, qui va dépendre de la sensibilité du praticien et de la qualité de la relation qui se met en place entre les deux personnes. L’écoute flottante, respectueuse, est une prise de contact avec la personne, qui va lui ouvrir la possibilité de laisser exprimer, par son énergie, sa souffrance et sa demande intime. C’est cette demande qu’entend le praticien, qu’il va pouvoir localiser ensuite dans le corps de la personne.

Il ne faut pas penser que l’écoute, qui passe par l’observation, est une attitude passive. Bien au contraire. Il faut être présent sans être crispé. Mais le relâchement demande tout de même une certaine tension pour ne pas perdre pied. On parle, dans un autre domaine, de « volition passive », c’est à dire d’une volonté qui ne peut atteindre son but que si on est très détendu. Cet état est assez difficile à atteindre et plus encore à maintenir.

Par son attitude d’écoute, le praticien crée une relation de continuité entre l’énergie de la personne et la sienne. Cette idée a été décrite dans un autre cadre que le Reiki (l’hypnose thérapeutique), par François Roustang, philosophe et hypnothérapeute, qui parle de « perceptude », mode de perception qui ne se caractérise plus par « notre discontinuité avec les êtres et les choses, mais à l’inverse est marqué par la continuité et la prise en compte de tous nos liens avec le monde. » (« François Roustang, Il suffit d’un geste », éd. Odile Jacob). Il y a, pour un temps, celui du soin, un mélange entre deux énergies au sein d’une zone de partage, entre le praticien et le receveur. C’est à l’intérieur de cet espace commun que la transmission du Reiki va s’opérer, avec la participation des deux protagonistes.

Hommage à Valère Novarina

Pour pousser plus loin encore la réflexion sur la puissance de l’écoute, je voudrais, comme un cadeau, citer le poète Valère Novarina : « La parole nous a été donnée, non pour parler, mais pour entendre. La parole nous a été donnée pour entendre ce qui est tu. »

Ce billet vient conclure, dans le chapitre sur la « Posture » du praticien, la section consacrée à la « Présence ». Le prochain article abordera le sujet de « l’Empathie », de l’amour pour l’autre. D’ici là, je reste à l’écoute de vos observations et commentaires pour enrichir cette réflexion. Bonne semaine.