Conseils pratiques

Reiki, Art de la Pratique - la Pleine Attention (2)

Reiki, Art de la Pratique – la Pleine Attention (2)

par Jean Pierre Chupin

Reiki, Art de la Pratique – la Pleine Attention (2)

Dans ce billet, « Reiki, art de la pratique – la pleine attention (2) » je poursuis la question de la présence. La présence est la « posture » première d’un praticien Reiki, qui permet de nouer une relation entière, authentique, empathique avec la personne qui reçoit le Reiki. J’ai tenté de définir les étapes de la présence, et tout d’abord la « pleine attention » qui va permettre au praticien d’ouvrir tous ses ressentis et son cœur. Après l’avoir défini dans le billet précédent, cet article propose quelques pistes pour travailler l’état de pleine attention.

La pleine attention va s’obtenir en réduisant le plus possible les pensées spontanées que nous produisons sans cesse. En fait, il ne s’agit pas tant de les réduire que d’en avoir conscience. C’est cette conscience qui rendra ces pensées plus « faibles », moins dominantes dans notre esprit.

Ce « calme mental » s’obtient (pour les débutants en tout cas… et même pour les grands débutants !) par une alternance de concentration et de relâchement. Comme le dit Taisen Deshimaru, maître zen, il se forme (en méditation) un cycle de concentration et d’observation. La concentration consiste à orienter son attention vers une activité, qui est le plus souvent la respiration. Jacques Vigne, médecin psychiatre et méditant, justifie très bien cela : « Le mental a besoin de bouger, c’est dans sa nature : on l’occupe à une activité neutre, cela l’empêche au moins de faire des dégâts sous forme de rumination négative, etc. » (Jacques Vigne : Soigner son âme – éd. Albin Michel).

Mais la concentration seule (précise Taisen Deshimaru) amène à un état d’obscurcissement de la conscience, qui conduit à la somnolence. Pour ne pas y sombrer, il faut passer à un état d’observation, qui permet d’observer la survenance de ses pensées, les mouvements internes de son corps, de prendre conscience de toutes les stimulations de notre environnement. Le problème, c’est que cet état conduit à une agitation mentale prise au piège des pensées et des émotions. Il faut alors passer à nouveau à un état de concentration (Taisen Deshimaru, dans notamment « Zen et vie quotidienne – la pratique de la concentration – éd. Albin Michel). L’état méditatif « parfait » « survient quand on ne désire plus rien d’autre, pas même le fruit de la méditation » (Jacques Vigne, op. Cité). Pour Taisen Deshimaru, il s’agit d’une compréhension par le corps, directe, intuitive, immédiate.

Avec un peu (beaucoup) de régularité dans la méditation, le praticien Reiki activera rapidement cet état de calme en prenant la position de centrage, ou Gasho (méditation, mains jointe comme en prière), qui en est une variante posturale.

L’avantage immense du calme mental, est qu’il met la personne dans un état mental modifié, différent de l’activité cérébrale habituelle, qui va lui donner une perception fine de l’activité de son corps, et de ce qu’on appelle la circulation de l’énergie.

Témoignage

A quoi correspond cette sensation dans ma tête, sensation de pression légère, située plutôt près de mon front (j’ai dit près, pas sur) ? Il ne s’agit pas d’une douleur ni d’une gène. D’une pression plutôt. Quand j’en prends conscience, le tout sans avoir l’impression d’y penser vraiment, comme on s’aperçoit qu’il fait froid avant même de le penser. Je me rends compte que je suis dans un état de vacuité. J’approfondis cette perception et je ressens comme une « descente » dans mon corps. Comme si se révélait à moi la carte de mon réseau sanguin et de tout ce qui y circule. Je ressens cela dans les jambes, plutôt côté tibias, mais aussi à l’intérieur de moi. C’est une descente, c’est-à-dire que ça part de la tête pour atteindre mes pieds, en passant par mes organes. Mon corps entier fourmille.

Le phénomène perdure même quand je pense à quelque chose. Quand j’écris, je continue d’avoir cette pression, cette perception de fourmillement. Je suis concentré sur mon travail et j’ai l’impression de ne penser à rien en même temps. Etrange !

La durée de la sensation dépend en fait de la durée, ou de la qualité de ma méditation. Cela peut rester plusieurs heures, disparaître et revenir spontanément dès que je me concentre à nouveau ou que je me mets en état de vide. Le fait même d’y penser déclenche à nouveau cette sensation.

Dans l’enseignement du Reiki que je propose, le centrage, posture de démarrage, est suivi par une série de respirations, qui visent à connecter la personne avec son corps, c’est-à-dire à ressentir son corps. C’est ce que l’on obtient quand l’esprit est calme, par des respirations profondes, en faisant jouer le ventre (le diaphragme en fait), favorisant l’activation de tout le système de détente du corps (le système parasympathique) et une bonne circulation du sang dans les membres inférieurs. Je cite cette phrase attribuée à Sri Aurobindo : « la respiration est un pont qui relie l’esprit au corps ».

Un travail complémentaire de visualisation favorise une plus grande perception de chaque partie de son corps, dont je parlerai plus tard. Cette perception est importante parce qu’elle va faciliter le transfert de l’énergie dans les mains et les ressentis du praticien par rapport à son receveur. Elle est également importante en ce qu’elle va alerter très tôt le praticien, pendant son soin, de la survenue de ses émotions, dont on parlera aussi plus tard, mais qui vont être, au même titre que les ressentis physiques, des indicateurs précieux pour la conduite du soin.

Dans le prochain billet, pour conclure le chapitre sur la présence, j’aborderai la question de « l’écoute ». Merci de votre fidélité et, comme toujours, vos observations et commentaires sont les bienvenus et permettront d’enrichir cette réflexion.