Réflexions Reiki

Le Reiki comme un puits très profond

par Jean Pierre Chupin

Le Reiki comme un puits très profond ! Elle était jeune, très jolie. Souriante. Sûre d’elle comme une femme jeune, jolie, souriante peut l’être. Elle n’était pas venue pour recevoir un soin Reiki mais pour en donner. En attendant le dispensaire Reiki du mardi, je prenais le soleil devant la porte. J’attendais les patients et une nouvelle praticienne. Elle s’est approchée, m’a dit bonjour tranquillement, comme si on se connaissait depuis longtemps.

Nous avons fait du Reiki ensemble, pendant une heure. Durant le soin, elle souriait, les yeux fermés, comme en elle-même. Le Reiki donne souvent ce plaisir intérieur. A la fin, elle a apporté des réponses aux questions de sa patiente, des conseils, avec toute la conviction d’une nouvelle convertie. Quelque chose pourtant en elle m’a mis en garde, mais si faiblement que je n’y ai pas prêté attention.

A la fin du dispensaire, nous étions à nouveau face au soleil, sur le pas de la porte. Elle m’a alors demandé quels étaient mes ressentis sur sa pratique. Je l’ai complimentée et je lui ai dit, sans y faire attention « l’important, dans le Reiki, ce n’est pas tant la technique que d’être juste là, avec la personne, et de l’accueillir pleinement, avec humilité. Et pour cela il faut être assez sûr de soi. » Pour moi, c’est le genre de remarque que je fais fréquemment. Un tic de formateur, en quelque sorte. Quelle porte avais-je ouvert en elle ? J’ai senti son émotion, ses yeux s’embuer légèrement. Puis très vite elle s’est ressaisie et on s’est dit au revoir. Pendant quelques secondes, elle n’était plus très jolie ni souriante ni sûre d’elle. Seulement belle de son humanité.

De retour chez moi, je suis allé rechercher cette phrase d’Haruki Murakami tirée d’une de ses nouvelles intitulée « L’avion » où le narrateur se parle à lui même comme s’il lisait un poème et dit : « le coeur des gens, c’est comme un puits très profond. Personne n’en connaît le fond. Ce que tu peux en imaginer, c’est seulement d’après ce qui flotte à la surface. » Et moi, et mes doutes et angoisses du soin… Une matière à méditer toujours renouvelée.