Méditation Réflexions

La fin des temps

par Jean Pierre Chupin

Dans son roman « la fin des temps », Haruki Murakami construit une intrigue en deux thèmes qui s’enchevêtrent (pour ceux qui ne l’ont pas lu et projettent de le faire, n’allez pas plus loin et achetez-le vite !). Deux histoires se succèdent et on comprend assez rapidement que, tandis que le héros vit l’une dans sa vie réelle, l’autre se situe dans son imaginaire. Je passe sur les liens entre les deux. La situation imaginaire n’est pas un paradis, et procure même une sensation d’enfermement, d’étouffement qui emprisonne le personnage principal. L’autre vie, la réelle, est tout aussi menaçante, mais ouverte à beaucoup de possibles, vie dangereuse et attirante où la ville de Tokyo se parcoure en plein jour et aussi dans d’obscures et redoutables égouts. Mais voilà que la prison de l’imaginaire se referme, et tandis que le héros perd définitivement son ombre, il est condamné à vivre, au-delà du temps et hors tout espace, indéfiniment les mêmes saisons, et à perdre tout contact avec sa réalité extérieure. Il lui reste une chance, une dernière pour s’en sortir et choisir le monde du dehors. Que va-t-il faire ?
Pour des raisons personnelles, tout autant du fait de ma pratique du Reiki, j’ai repensé à ce roman et j’en feuilleté à nouveau quelques pages. Alors que le monde extérieur nous est ouvert, de découvertes en rencontres, en impasses parfois, notre monde intérieur nous est un refuge. Mais un refuge peu rassurant souvent, peuplé de nos mémoires qui nous interdisent de voir ce qui est neuf, tapi d’angoisses et de peurs, entouré des hautes et infranchissables murailles de nos pensées. Mais pourtant il existe des sorties, pas des tunnels, des chemins escarpés. Que choisissons-nous de faire ?