Réflexions Reiki

Reiki et croyances de chacun

par Jean Pierre Chupin

Elle attend de l’initiation l’ouverture d’un canal d’énergie, avec l’aide de son ange gardien. Il attend du soin un travail d’exorcisme, de désenvoûtement. Les questions qu’ils me posent attendent moins de réponse qu’un partage, une reconnaissance de leurs propres croyances. Mes croyances personnelles n’ont que faire ici, on n’est pas dans un débat contradictoire. J’ai mis du temps à mettre au point un enseignement au Reiki qui ne se centre que sur des aspects concrets du soin, sans jamais entrer dans de « grandes théories » explicatives. Ce n’était pas évident car le Reiki est imbibé de ces théories qui constituent d’ailleurs une bonne partie des programmes de formation.

L’accompagnement des personnes ne se fait auprès d’êtres « nus » mais avec des humains « attachés » à des traditions, des forces, des idéologies, comme le souligne Tubie Nathan, chercheur en ethnopsychiatrie. Toujours selon lui, il faut « éviter le piège de la condescendance et le leurre de la naïveté ». Nous avons un rapport ambiguë, complexe, avec nos croyances. Dans notre monde contemporain, il est difficile de croire sans réserve. Mais une pratique assez longue du Reiki me dit bien que la souffrance nourrit toutes les croyances, surtout celles que la rationalité moderne croyait avoir reléguées aux histoires à faire peur pour enfants.

Avec une pratique comme le Reiki qui draine de fortes espérances et des doutes tout aussi puissants, il est un bon recours de faire un travail d’empathie, d’aller sur le terrain de l’autre, sans complaisance, pour collaborer avec les forces qui font sens pour lui. Avec le souci, cependant, de la transparence, qui seule permet d’instaurer une relation authentique, dans la différence, avec les personnes.