Conseils pratiques Général

Reiki, temps et présence

par Jean Pierre Chupin

Quel rapport entre le Reiki et le temps ? Le temps, valeur absolue et universelle, telle que Newton l’a posée, n’existe pas. Selon la vitesse et la gravité, le temps se distend ou se contracte et n’est donc pas le même pour deux observateurs placés au même endroit. Il y a quelque chose de contre-intuitif dans cette loi de la physique.

Le Reiki plonge le praticien, comme la méditation, dans un présent qui annule notre flèche du temps. Je remets en mémoire des lecteurs  le magnifique tracé des maîtres d’école qui barraient  (à mon époque en tout cas) le tableau noir d’une flèche où figurait le passé et le futur, et une petite barre marquant le présent.

Cette marque du présent semble inatteignable car comment saisir le présent puisque dès que j’en ai conscience il appartient au passé ? C’est pourtant ce à quoi s’attelle le praticien Reiki qui cherche à être « présent » à son patient ; le méditant qui s’attache à être présent à lui-même, et par delà au monde.

Les neurosciences nous disent que notre conscience du présent tient à notre faculté de disposer d’une mémoire immédiate, sur les quelques secondes qui viennent de s’écouler, qui font que nous relions entre eux les moments qui se succèdent et que nous avons ainsi l’impression d’être au présent dans une continuité. C’est ce qui ferait que le lecteur de ce blog aurait, depuis la première ligne, le sentiment d’être toujours dans le présent. Le présent, une illusion du passé en somme !

Pourtant la pratique du Reiki me dit personnellement autre chose. Quand je parviens à être « présent à l’autre », ou présent à moi même dans une méditation, j’ai une conscience presque violente, physique, d’être dans un autre temps, un temps ou passé et futur disparaissent au profit d’un présent total. Je vais faire un « coming out ». J’ai une fois (une seule petite fois) connu un moment de présence parfaite, absolue dirai-je. Cela s’étendait à la fois dans le temps et remplissait tout l’espace de mon corps et de ce qui m’entourait. J’ai bien conscience que la grammaire française, avec son imparfait et son futur, ne me permettent pas de rendre compte d’une expérience passée mais toujours actuelle en moi.

Je sais, intimement, que dans un soin Reiki, je m’approche, je frôle quelquefois une nouvelle rencontre de ce type. Est-ce cela que le sociologue Jean Duvignaud qualifie de « béance dans la durée » ? Quel rapport avec l’efficacité d’un soin Reiki ? C’est ce que je me propose d’examiner dans un prochain conseil.