Conseils pratiques Général

Reiki, l’importance du corps

par Jean Pierre Chupin

L’importance du corps du praticien Reiki m’apparaît comme une évidence. La mise en scène du corps participe du rituel, et pas la seule position des mains. Le soin met en jeu tout un ensemble de facteurs : la manière dont le corps est investi dans le soin, la façon d’utiliser le symbole, de le visualiser, la répétition du mantra, la résonance du son, sa vibration. Tout participe du soin.

Le Reiki est un dialogue de corps à corps, telle est ma conviction en tout cas, certainement pas un dialogue d’esprit à esprit. Je ne sais pas ce que pense l’autre, je ne sais pas pourquoi il va mal, et il ne le sait souvent pas lui-même d’ailleurs. Et je ne cherche pas à le savoir avec mon esprit, mon mental. Je cherche à apporter à mon patient une énergie qui va le booster, comme lorsque je branche une batterie pleine à une batterie déchargée pour faire démarrer la voiture. Quand le moteur est relancé, j’arrête et je débranche les cables. C’est pareil avec le reiki. Je branche mon énergie, par l’intermédiaire de mon corps, à celle de la personne. Pour cela, il faut que je puisse mobiliser mon énergie et la concentrer dans mes mains. Ce sont les cables, pour filer ma métaphore des batteries. Pour me mobiliser pleinement, il me faut pratiquer régulièrement et fréquemment. Pour arriver à concentrer cette énergie, il faut que je me place dans un état mental adéquat, qui me mette en contact avec mes énergies, via mon corps.

Cet état, que j’appelle volontiers « l’état du Reiki », résulte de la méditation, du calme des pensées, d’une habitude à se placer dans différents endroits de son corps pour le ressentir. J’essaie de comprendre ce qu’induit cet état mental modifié que j’évoque. L’individu dispose de plusieurs signaux d’alerte, conscients et inconscients, et les mécanismes de réparation du corps et de l’esprit parfois se mettent en place indépendamment de la conscience que la personne peut avoir de son problème. Quand je fais du Reiki, je ne m’adresse pas à la conscience de la personne, je m’adresse aux mécanismes non conscients qui se mettent en mouvement pour défendre, réparer.

Pour m’adresser à cette partie de la personne, évidemment que ma propre conscience ne sert de rien. Il faut parler de corps à corps, d’énergie à énergie. Par ma pratique de guérisseur, je vais me mettre dans un état approprié de communication pour aller activer les mécanismes de réparation de la personne, qui sont inactifs ou neutralisés pour des raisons que j’ignore. Pour que ces mécanismes de réparation s’activent, deux conditions sont nécessaires : 1) que je puisse apporter un niveau suffisant d’énergie à la personne, 2) que la personne elle-même ait assez de ressources pour se libérer de son inhibition et repartir dans un processus de réparation.

Je reviens à mon rituel de soin. Il me paraît important de trouver la gestuelle qui est juste avec son état mental, qui permet de mobiliser au mieux son énergie, qui est la plus acceptable par la personne. Et alors, dès que mon geste est « juste », il est reçu par la personne qui peut s’appuyer sur le praticien pour engager sa guérison.