Conseils pratiques Général

Le Reiki est le temps du présent

par Jean Pierre Chupin

Quel rapport entre le temps et le Reiki ? Pour moi il est lié. Si le temps du physicien n’est pas absolu, a un rapport étroit avec l’espace, la gravité, la vitesse, le temps psychologique dépend lui de notre mémoire et de notre capacité d’anticipation, de notre représentation du passé et du futur, de la pensée en somme.

Qu’en est-il alors du présent quand on ne pense pas ? J’ai expérimenté pendant mes soins, mes méditations, une perception du présent tout à fait inhabituelle. Ce que je qualifierais, en reprenant l’expression de quelqu’un d’autre, de « béance du présent ». Je sais que je suis présent, sans pouvoir bien l’expliquer. Et cela n’a rien à voir avec ma perception normale de la durée.  Le temps que marque le réveil que j’ai sur une tablette pour voir l’heure pendant mes soins ne signifie plus rien. Je ne sais pas combien de minutes s’égrènent. Un instant à peine quand j’ai l’impression d’avoir fait un long voyage, ou à l’inverse de nombreuses minutes quand il m’a semblé que quelques secondes s’étaient écoulées. Rien à voir avec l’absence, mon côté rêveur parfois. Au contraire, je suis dans ces moments totalement présent.

Le temps du Reiki, à savoir le temps pendant lequel, comme praticien, je transmets pleinement du Reiki à mon patient, est probablement insaisissable tellement cela doit aller vite. Je n’ai pas de preuve de cela, bien sûr. Mais cela veut dire pour moi que le présent n’est pas une distance parcourue. Il ne se mesure pas. Dans cet espace, cette « béance », s’élaborent les changements qui vont conduire à la guérison. « Un geste suffit » dit François Roustang, hypnothérapeute – écothérapeute comme il se qualifie lui-même. Il poursuit en disant : « la beauté du geste est l’unité du temps, du lieu et de l’action » (François Roustang, Il suffit d’un geste, éd. Odile Jacob).

La question d’aujourd’hui est de se demander qu’est-ce qui permet au Reiki de « passer » d’une personne à une autre. Quels sont les conditions que doit remplir le praticien pour cela ? Et ma réponse va reboucler sur la question du temps, plus précisément du présent.Mon hypothèse est de dire que pour transmettre du Reiki, il est nécessaire que je sois dans le présent, c’est à dire présent à la personne.

Le présent tient à ma présence. Tout part de là. Par ma présence, je me tiens, je m’agrippe au présent. De ce présent qui devient un espace qui se dilate, comme on gonfle un ballon,  je peux mettre en place une écoute, une attention à mon patient. Par mon acception de la personne que je soigne, la compassion que je lui exprime, je lui permets d’être présent à son tour. Quand je réussis c’est gagné. Car ce qu’attend mon patient de moi, ce n’est pas que je l’aime. La reconnaissance que je lui apporte n’a d’autre but que de lui permettre de « se reconnaître » lui-même. Ma présence à lui l’autorise lui-même à être présent à lui.

Quand je suis dans le présent, je suis nécessairement présent à moi. Mais cette présence n’est pas un enfermement. L’enfermement, c’est un résultat de la pensée quand elle conduit à se préoccuper uniquement de son futur ou de son passé. Etre dans le présent, au contraire, fait prendre conscience du dépassement du moi, de l’égo diraient les bouddhistes, et c’est cela qui permet d’appréhender le monde, l’autre… les autres.

Dans cet état de conscience « d’être » à la fois « le tout » et dans « un tout », une simple petite intention suffit à produire le soin. Ce n’est pas une intention produite par la pensée, mais une intention qui surgit d’on ne sait où : du corps, de l’énergie, de …

Ainsi, si le soin donné par un praticien Reiki à son patient vient de l’intention, celle-ci ne peut être produite que si le praticien est en présence, c’est à dire dans le présent, dans un lieu, finalement, où on a tout le temps !